Les termes "dioxines et furannes" regroupent plus de
200 composés aromatiques tricycliques chlorés qui diffèrent selon le nombre d'atomes de chlore et les positions qu'ils occupent dans une molécule.
Les dioxines ont en commun une très grande stabilité chimique et physique qui, avec leur caractère lipophile, explique qu'elles se concentrent au long des chaînes alimentaires au bout desquelles se trouve l'espèce humaine.
Leur toxicité est variable, mais certaines d'entre elles ont un effet toxique cancérigène certain : effet chronique à long terme pour des expositions à de faibles doses, effets aigus pour de courtes expositions à des doses élevées. On se souvient encore des dégâts causés lors de l'accident technologique survenu à SEVESO, en Italie, en 1976 qui a provoqué la dispersion d'un nuage toxique issu d'une usine chimique fabriquant des trichlorophénols.
Aujourd'hui, on sait que les principaux secteurs industriels à l'origine des émissions de dioxines à l'atmosphère sont l'incinération des déchets et la sidérurgie.
C'est pour mieux connaître le niveau des rejets en France que le ministère chargé de l'environnement a demandé que soit réalisée, en 1998, une campagne nationale de mesures des principales émissions.
Ces mesures sont reconduites annuellement pour les unités d'incinération de déchets.
Etablissements ayant déclaré une valeur de rejets de dioxines et furannes
(mais inférieure au seuil de déclaration obligatoire : 1g/an Iteq)
Ces établissements sont en dessous du seuil GEREP de déclaration (1g/an) obligatoire, Les incinérateurs et co-incinérateur (cimenterie) ont fait l'objet de travaux et de suivis importants dans le cadre de l'arrêté ministériel de 2002 visant à réduire leurs rejets.
Les flux émis par les établissements cités dans le tableau ci-dessus peuvent être qualifiés de très faibles.
La directive européenne du 4 décembre 2000 sur l'incinération des déchets, retranscrite en droit français par les arrêtés ministériels du 20 septembre 2002, fixe pour l'incinération de déchets dangereux comme pour celle de déchets ménagers, une valeur limite de 0,1 ng de dioxines/Nm3 (1 ng = 0,000000001 g), Le respect de cette valeur limite d'émission ainsi que la réalisation de deux contrôles par an sont obligatoires, à compter du 28 décembre 2005. Cette norme était déjà respectée par les incinérateurs de déchets ménagers exploités en Champagne-Ardenne. |