Le risque industriel ou technologique est inhérent à notre vie quotidienne. En effet, la plupart des produits de grande consommation sont issus des industries chimiques ou pétrolières, qui sont génératrices de risques : les substances dangereuses utilisées par ces industries, mais aussi les processus de fabrication, de manipulation ou de transport et également les conditions de stockage de ces substances peuvent être à l’origine de phénomènes dangereux.
En France, la gestion des risques industriels privilégie la réduction des risques à la source, la maîtrise de l’urbanisation autour des sites réputés dangereux, la planification des secours, la communication avec les populations. Elle constitue l’un des enjeux prioritaires du développement durable. Cette politique volontariste est d’abord orientée vers les établissements qui présentent le plus de risques : les sites classés “Seveso”.
     

De grands accidents industriels ont marqué les dernières décennies : Seveso, Mexico, Bhopal…
Face à ces enjeux, la Communauté Européenne a demandé aux États membres de gérer la maîtrise des risques d’accidents industriels selon une méthode commune fondée sur deux directives : Seveso I (1982) et Seveso II (1996).
En France, ces directives sont transcrites et mises en oeuvre dans le cadre de la législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), notamment à travers l’arrêté ministériel du 10 mai 2000 modifié (voir encadré).

La catastrophe survenue le 21 septembre 2001 dans l’usine Grande Paroisse (AZF) à Toulouse a conduit à un nouveau débat sur le risque industriel majeur, dont les conclusions ont servi de base à l’élaboration de la loi du 30 juillet 2003.

Cette loi introduit de nombreuses dispositions nouvelles, parmi lesquelles :

  • l’information renforcée du public et sa participation à la prévention des risques technologiques par la création de comités locaux d’information et de concertation (CLIC) autour des sites présentant les risques les plus importants ;
  • la participation des salariés à la prévention des risques en améliorant leur formation, en prenant mieux en compte la sous-traitance et en élargissant les missions et les pouvoirs des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) ;
  • la maîtrise de l’urbanisation autour des sites Seveso à haut risque, par l’instauration de servitudes d’utilité publique pour tout risque nouveau qui nécessiterait des restrictions supplémentaires à l’usage des sols, et par la mise en oeuvre de plans de prévention des risques technologiques (PPRT) qui imposent des prescriptions aux constructions existantes et futures dans les zones d’exposition aux risques ;
  • l’indemnisation des victimes d’un accident industriel en introduisant la notion de catastrophe technologique et en modifiant les modalités d’indemnisation.
 

La région Champagne-Ardenne compte une trentaine de sites Seveso mettant en oeuvre des produits dangereux ou présentant des risques notables d’incendie, d’explosion ou de dissémination de substances toxiques. Parmi ceux-ci, on recense au 31 décembre 2007, 10 établissements Seveso seuil haut (voir tableau) et 23 établissements classés Seveso seuil bas (voir tableau). Voir carte

En 2006 et 2007, l’action de la Drire a principalement porté sur les thèmes suivants :

  • analyser les études de dangers remises par les exploitants notamment pour permettre l’élaboration des programmes d'amélioration de la sécurité et des PPRT,
  • contrôler la mise en oeuvre des dispositions techniques et organisationnelles destinées à prévenir et à maîtriser les risques majeurs,
  • initier le dialogue et la concertation autour des établissements en participant aux réunions des comités locaux d’information et de concertation (CLIC),
  • engager les premiers travaux d’élaboration des plans de prévention des risques technologiques (PPRT).